Les campagnes de prévention placardées à travers le Québec

Les campagnes de prévention placardées à travers le Québec

Début février, la province québécoise s’est habillée des couleurs des affiches de publicité contre les effets du cannabis. Retrouvée partout, la campagne a pour but de rappeler que la consommation de cannabis, certes autorisée, n’est néanmoins pas anodine et sans risques. Plusieurs situations sont dépeintes, toutes plus loufoques les unes que les autres, et toutes portant le même titre : « Impossible que le cannabis fasse ça », suivi d’un « mais » exposant certains risques bien réels, eux.

Réalisée par l’agence Cossette et supervisée par Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, la campagne a coûté environ 1,5 million de dollars, et a 2 publics cibles bien distincts : le premier comprend les jeunes âgés de 15 à 17 ans, le second les individus de 18 à 34 ans. Placardée dans le métro et même véhiculée avec un filtre Snapchat, la campagne a bel et bien un but préventif dans cette ère nouvelle de légalisation, qui a vu tripler les cas d’intoxication au cannabis depuis octobre 2018. La campagne va donc viser 4 risques concrets, révèle la Montreal Gazette : la dépendance que le cannabis peut entraîner, ses effets sur un cerveau en cours de développement, les risques encourus lorsque consommé en même temps que d’autres substances, et enfin les risques autour de la santé mentale.

Cependant, il semblerait que les experts doutent de l’efficacité de la campagne en question. Certains l’accusent d’insulter l’intelligence des groupes visés, des jeunes donc, et avancent que ces derniers ne prêteront pas attention au message diffusé, de par son « absurdité ». D’autres vont jusqu’à dire que cela fait perdre sa crédibilité au message, qui doit absolument être pris au sérieux.

Cannabis Publicité

Même dans le milieu de la publicité, la campagne divise. Richard Leclerc, professeur à l’Université de Montréal, reporte au Huffington Post que : « oui, c’est accrocheur d’avoir des oreilles sur la tête, c’est accrocheur d’avoir quelqu’un qui enlève sa tuque et qui n’a aucun cheveu, […] mais ce qui est bizarre, c’est la contradiction. On nous dit : attention, si tu consommes du pot, il va y avoir des conséquences. On nous fait une mise en scène où la conséquence est irréaliste et improbable et même, on nous le signale à la fin : ça ne peut pas arriver, c’est impossible, mais il y a quand même des risques. »