Une étude lie la consommation de cannabis à des troubles psychotiques

Une étude lie la consommation de cannabis à des troubles psychotiques

Une étude menée par les scientifiques du King’s Collège de Londres et publiée par The Lancet Psychiatry, a observé les effets du cannabis dans une dizaine de villes européennes et dans une région au Brésil. Les résultats ont démontré que certains cas de psychoses pouvaient être reliés à la consommation de cannabis, plus particulièrement celui contenant un fort taux de tétrahydrocannabinol, ou THC.

Les psychoses vécues par les patients sont bien différentes des effets psychotropes qu’amène le cannabis ; il y a une certaine distance qui se créée avec la réalité, et certains individus peuvent éprouver une certaine confusion, allant jusqu’à entendre des voix ou avoir des hallucinations.

Un article publié sur BBC révèle que 2 groupes distincts ont été comparés ; le premier était composé de 900 personnes qui avaient reporté des troubles psychotiques, tandis que le second était composé de plus de 1 200 personnes qui n’en présentaient pas. Les scientifiques ont également établi une distinction entre les sortes de cannabis étudiées, aussi divisées en 2 catégories : une première sorte plus douce, contenant moins de 10 % de THC, et une plus puissante, contenant plus de 10 % de cette même substance.

THC Psychose

Les résultats ont montré que 29,5 % des patients qui ont reporté un premier épisode psychotique étaient des consommateurs quotidiens, en opposition aux patients sans troubles, qui n’étaient que 6,8 % à consommer quotidiennement. De plus, les patients consommant du cannabis ayant une forte teneur en THC étaient plus nombreux à avoir présenté des troubles psychotiques ; les 37,1 % ayant déclaré consommer des produits forts en THC faisaient partie du groupe 1, comparé à 19,4 % pour le groupe 2.

Sur les 11 sites comparés, les risques de psychoses étaient 3 fois plus élevés chez ceux qui ont déclaré consommer au quotidien, un risque qui allait jusqu’à être 5 fois plus élevé pour ceux qui consommaient du cannabis « plus fort » – ces risques sont comparés à des individus qui ne consomment pas de cannabis.

Il est estimé qu’un cas sur 5 de psychose est lié à la consommation quotidienne de cannabis (peu importe la souche), et qu’un cas sur 10 est lié à la consommation d’un cannabis contenant un fort taux de THC. À l’échelle londonienne, cela signifierait que 20 % des nouveaux cas de psychoses seraient liés à la consommation quotidienne, tandis que 33 % seraient liés à la consommation d’un fort taux de THC.

En Europe, particulièrement à Londres et à Amsterdam, l’essentiel (94 %) du cannabis trouvé dans la rue est celui connu localement sous le nom de « skunk ». Une définition parue dans Leafly éclaire l’appellation donnée au Royaume-Uni : il s’agit des variétés de cannabis qui sont particulièrement fortes en THC, peu importe leur génétique, et qui sont destinées à être fumées. En retirant ces variétés de cannabis du marché noir, cela permettrait de faire baisser le nombre de cas de psychoses déclarés annuellement.

Les experts voudraient que le grand public soit conscient des risques qu’une telle consommation peut entraîner, malgré le fait que cette étude ne soit pas une preuve définitive en soi. Nick Hickmott, de Addaction, recommande d’éviter de consommer du cannabis ayant une forte teneur en THC au quotidien, mais souhaite tout de même calmer l’inquiétude : « il est important de ne pas avoir de réaction excessive. Plein de gens expérimentent avec le cannabis et n’ont pas de problèmes ». En effet, l’étude n’a pu soulever de lien entre les psychoses et une consommation plus espacée, quelle que soit la puissance du cannabis consommé.

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